Chili

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4 avril 2014 : Chili – Santiago

Il est 23h26 heure locale, nous sommes tranquillement installés dans notre logement en train de mettre le site à jour, et, la Terre tremble………..

Notes d'Audrey

Le 4 avril

Et nous revoici dans un avion. En s’approchant de Santiago, Thomas (qui pour une fois est installé à côté du hublot) regarde la Cordillère des Andes défiler sous ses yeux.

La première image que je retiens de Santiago, c’est sa brume de pollution.

Le taxi-officiel-qui-coûte-cher nous dépose devant une résidence. Sur les conseils d’Isabel, nous logeons dans le quartier Providencia. Dans l’immeuble, quelques appart-hôtels sont réservés aux touristes.

La personne qui nous reçoit va se renseigner pour nous aider à organiser notre séjour. Elle nous a bien expliqué qu’ici on ressent des secousses fréquemment. Pas plus tard que ce matin, la terre à encore tremblé. Pas de souci c’est normal !!!!!!!…..

Le logement est sympa mais le frigo est vide ! Va falloir faire quelques courses.

Il fait beau dehors. Le Cerro San Cristobal est tout proche, c’est une colline très verdoyante avec une grande vierge blanche qui ouvre les bras. Dans le quartier, l’ambiance est sympa, nous sommes juste à côté d’une université. Terrasses animées, stands de nourriture (dont des petites galettes orange qui sont frites puis recouvertes de sauce : va falloir y goûter pour savoir ce que c’est !). Il y a même un marché artisanal !

Le supermarché est minuscule. On tente de prolonger la ballade jusqu’au Mercado Central pour y trouver quelques produits frais.

Nous n’empruntons pas le chemin le plus direct, suivant notre gré… Cela nous mène jusqu’à un centre commercial réservé aux instruments de musiques. Ça suffit à émerveiller Thomas. Et encore plus chanceux, nous découvrons une foire culinaire ! Ça ne pouvait pas tomber mieux ! Nous achetons fruits, légumes, saucisses, anchois marinés à des producteurs venant de tout le pays. L’occasion d’engager la conversation. Bon, notre espagnol a peu évolué, ça reste assez limité mais très sympa ! Les exposants insistent pour que je fasse goûter à Clément des anchois salés, puis de l’huile d’olive (amère et piquante ! Pas très sympa !). Un super bon moment. On ira au Mercado Central une autre fois.

Nous bifurquons au niveau des brocanteurs puis la rue de la Merced avec ses boutiques de créateurs que l’on prendra le temps de visiter demain. Cela nous mène à un grand espace de jeux pour Clément. Cette ville est géniale !

Le repas que nous prépare Thomas pendant que Clément barbote dans son bain est délicieux ! Bâtonnés de courgettes crues (sur les conseils de la productrice), saucisses accompagnées de pommes de terre jaunes et violettes cuites au four (nous sommes dans le berceau de la patate après tout) et raisin excellent.

Après le repas, nous allons sur la terrasse profitant du son d’un orchestre. Clément boit son biberon en écoutant attentivement la musique. On a très envie d’aller les voir jouer… On propose à Clément d’y aller alors qu’il devrait plutôt se coucher… Il est d’accord.

La fanfare est installée juste devant l’université. Avec une sonorité latine, c’est génial !… Sauf que c’était leur dernier morceau… On traine un peu, voyant que tout le monde n’a pas rangé son instrument. Un des musiciens vient vers nous. Il est prof de musique comme beaucoup dans le groupe, les autres sont leurs étudiants. Clément tape quelques coups dans la « ´rosse caite » et nous rentrons.

Un peu tard, l’immeuble se met à trembler… Impressionnant. On n’a pourtant pas envie de partir de ce pays si agréable et accueillant. Dehors, d’autres fanfares ont pris le relais. On a l’impressionnant que les grosses caisses résonnent bruyamment comme pour conjurer le sort.

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Le 5 avril

Ils l’ont conjuré tard le sort, les musiciens du quartier !…

Ce matin, gras’mat et on traine dans notre petit appartement jusqu’à ce que Clément se réveille de sa sieste.

Nous partons en direction de la rue Merced. Le long des rues, des tags superbes et imposants recouvrent les façades des bâtiments.

Nous visitons quelques boutiques de créateur et prolongeons jusqu’à une rue commerçante. Nous sommes samedi, la plupart des magasins sont fermés. On bifurque alors jusqu’au Cerro Santa Lucia. Le petit sommet est recouvert de végétation, de quelques constructions anciennes, fontaines, statues… De grandes esplanades nous offrent une vue dégagée sur la ville et la chaîne des Andes. La brume de pollution atténue légèrement sa couleur.

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Le 6 avril

Aujourd’hui, nous nous rendons au Parque de las Esculturas. Nous préférons nous y rendre à pieds. C’est dimanche, la circulation est moins dense. Nous commençons par traverser des quartiers résidentiels dont certaines façades sont recouvertes de graffitis impressionnants.

Dans une supérette, nous achetons un pseudo-fromage et du pseudo-jambon pour accompagner nos miches de pain et crudités. Et quelques mètres plus loin, le long des quais, un marché est installé. Mangues, grenades, avocats, un fruit exotique orange avec des pics (bon pour l’arthrose d’après le vendeur) et même des lentilles. Les marchants sont vraiment sympas. Ils vendent essentiellement des fruits et légumes.

Sur l’autre rive, la route a été rendue inaccessible aux voitures, une course à pied a lieu.

Nous trouvons un endroit ombragé dans un parc qui longe la route. Nous savourons notre repas en regardant les sportifs défiler.

Le Parque de las Esculturas borde le cours d’eau, de la pelouse sur laquelle sont allongés les amoureux, quelques très vieux arbres. Un petit chemin permet de faire le tour des sculptures. Certaines sont sympas, d’autres sont un peu étranges…

Clément s’endort sur mon dos, nous rentrons tranquillement à l’appartement.

Pendant que les lentilles mijotent, Clément regarde le dessin animé Rio en version espagnol.

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Le 7 avril

Matinée tranquille. Nous rangeons nos affaires car il va falloir changer d’appartement pour les deux jours supplémentaires.

Après le déjeuner, nous nous rendons dans l’agence d’une compagnie d’avion. Si on règle les billets avec une carte bleue chilienne, on paie beaucoup moins cher !!! Thomas a demandé aux personnes qui gèrent notre logement s’il est possible de régler via leur carte bancaire et de les rembourser ensuite. Elles ne peuvent pas… On va donc tenter notre chance directement à l’agence… Pas moyen… En plus maintenant que Clément a passé deux ans, le tarif a nettement augmenté. Mais 2000 km à parcourir en car vont nous faire perdre beaucoup de temps et surtout c’est trop difficile pour Clément…

On se promène dans les rues commerçantes essayant de digérer le tarif exorbitant des billets d’avion… Cela nous mène au Mercado Central. De nombreux stands de poissons qui sèchent au fil des heures et de volaille ainsi que des restos. Le bâtiment est superbe : grande structure métallique, jolie fontaine au milieu.

Quelques petites courses alimentaires. Des pauses aux aires de jeux pour « fanfants » comme dit Clément. En traversant des espaces verts, nous découvrons des niches aménagées avec des coussins destinées aux chiens de la ville. Les chiens sont nombreux ici mais vraiment inoffensifs sans doute parce que les habitants prennent soins d’eux. On peut aussi voir par endroits, des bidons percés, remplis d’eau. Il m’a fallu un certain temps avant de comprendre qu’ils leur étaient destinés.

Pour finir, nous allons rendre visite au coiffeur du quartier. La peluqueria est sombre, vieillotte, ça impressionne Clément. Le coiffeur me fait penser à Édouard aux Mains d’Argent. Il fait claquer ses ciseaux sans cesse dans le vide et de temps en temps, il atteint une grosse mèche de cheveux. Thomas insiste pour qu’il coupe court, il fera chaud et humide au Costa Rica.

On repart avec un petit bonhomme châtain aux grands yeux bleu-vert entourés par une tête bien ronde. « C’est la dernière fois que je l’emmène chez le coiffeur !». J’ai aussi dit ça lorsqu’on lui a fait couper les cheveux au Japon ! J’aime tellement ses longues mèches blondes…

Thomas est très content de montrer « au fiston » comment on fait un gâteau au chocolat. Les œufs, la farine, le sucre… C’est amusant ! Au moment de mettre le plat au four, il ne reste déjà plus grand chose !

Il en ressort un délicieux fondant… Ou plutôt un dégoulinant au chocolat. Hum !

Pour finir la farine et une partie du sucre, je confectionne à mon tour des mantecaos que l’on pourra conserver plusieurs jours.

8 avril 2014 : Valparaiso

Notes d'Audrey

Le 8 avril

Une journée à Valparaiso. Même si la deuxième ville du Chili est située sur la côte, en plein sur la faille, nous ne pouvons pas ne pas y aller ! Avant, elle était régulièrement prise d’assaut par les pirates, aujourd’hui, ce sont les touristes.

Pour nous y rendre, nous commençons par prendre le métro puis un car. Le trajet dure environ deux heures.

De la gare routière, nous évoluons dans les rues traversant au passage un marché. Le long des trottoirs, les étalages d’oignons, d’ail, de poivrons, de brocolis… sont gigantesques. Ceux de poissons sont moins attractifs. L’odeur est… saisissante !

On s’installe sur la terrasse d’un resto « attrape touriste » pour le déjeuner. Environ 4€ le menu, ne soyons pas trop exigeants… On a juste un peu peur de devoir courir de toilettes publiques en toilettes publiques tout l’après-midi… Un des serveurs parle un peu français. Il montre à Thomas une grande ardoise avec la liste des matchs de foot qui seront diffusés. Il demande à Thomas de vérifier l’orthographe de « Paris Sait Germain ». En partant, il insiste pour que nous fassions bien attention à nos affaires.

La ville est dominée par quarante-quatre collines qui forment une sorte d’amphithéâtre donnant sur l’océan Pacifique. De nombreux funiculaires permettent de les gravir. Les ascensores sont d’époque, très charmants. On commence la découverte des hauteurs de la ville à pieds. Les façades des maisons sont multicolores décorées de tags superbes. Quelques boutiques de créateurs sont vraiment sympas. En haut, une première esplanade nous permet d’avoir une vue d’ensemble sur la ville. Il y a même un grand toboggan à cet emplacement.

Nous pouvons voir l’immense port avec ses containers multicolores. Un grand nuage de fumée noir assombri une partie de l’horizon pendant un long moment.

Thomas nous guide au milieu des ruelles étroites et escaliers. Clément s’endort sur mon dos. Nous redescendons une colline pour en gravir une autre. En haut, doit se trouver une école. Les couples d’élèves en uniformes s’allongent sur des petits espaces recouverts de pelouse, s’embrassent et s’enlacent sur les bancs. Qu’ils sont beaux à voir tous ces amoureux !

En fin de journée, nous retournons à la gare routière. On se bouscule un peu, chacun cherche son bus qui finit par arriver en retard.

Je regarde le paysage défiler sous mes yeux : les vignes, les palmiers, quelques maisons en bois sur pilotis, des chevaux, des restos ou marchands d’empanadas, un cimetière… Les cimetières chiliens se présentent différemment par rapport à la France. Les tombes ne sont pas enterrées mais superposées dans des constructions en béton.

Au loin, la montagne avec un ciel rosé juste derrière.

9 avril 2014 : San Pedro d’Atacama

Notes d'Audrey

Le 9 avril

Faut déjà refaire les sacs, aujourd’hui, nous partons pour San Pedro d’Atacama.

Dans l’avion, Clément s’agite, il est fatigué mais ne trouve pas le sommeil. Une dame, une américaine, nous donne un caramel aromatisé à la menthe « gorge claire ». Clément le trouve « bizarre »…

Nous voici dans le désert le plus aride au monde !

C’est un minibus qui fait la liaison entre l’aéroport d’Atacama et San Pedro.

Clément s’endort dans mes bras, je l’accompagne un instant. Lorsque j’ouvre les yeux, un paysage lunaire extraordinaire apparaît. Le minibus poursuit sa route jusqu’à une oasis, c’est San Pedro.

Nous entrons dans le Résidential « la rose d’Atacama ». Ce sont deux français qui gèrent l’établissement. Le jeune homme qui nous reçoit est tout confus, il pensait qu’on arriverait demain. Du coup, il nous a trouvé une chambre équivalente dans la pension d’à côté pour cette nuit.

Entre deux crises de Clément, nous sortons faire une tour dans la « ville ». Depuis plusieurs jours, Clément se met à pleurer exagérément fort, un peu comme s’il se forçait. Une fois c’est parce qu’il ne veut mettre son pantalon, puis à cause des chaussures ou encore parce qu’on lui refuse quelque chose… Parfois, il est irraisonnable, inconsolable et d’autres fois, il suffit d’un petit détail insignifiant pour le calmer.

La ville : c’est de la terre au sol, des maisons et clôtures en adobe. Un décor blanc et orangé. Peu de circulation. De nombreux chiens errants. Par contre l’endroit est très fréquenté par les touristes d’abord chiliens puis français. Les hôtels, les boutiques et surtout les agences d’excursions se succèdent le long des ruelles.

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Le 10 avril

En fin de matinée, nous ramenons nos affaires à « la rose d’Atacama ». La pension est occupée par des français de tous âges, seuls, entre amis, en famille.

L’établissement est construit autour d’une cour poussiéreuse avec quelques tables, fauteuils. Une petite cuisine nous est accessible. Dans le jardin juste derrière, quelques hamacs nous attendent.

Grande déception en ouvrant les sacs, on a encore perdu quelques jouets. Cette fois-ci, on a oublié la pochette de feutres dans l’avion…

Nous déjeunons au restaurant de Carmen. Une très bonne adresse simple et peu coûteuse. Avec Clément, nous partageons une grande salade composée et une cassolette constituée d’un morceau de viande de porc, une grosse pomme de terre, du potiron, quelques haricots verts, du riz, des herbes… Thomas commande une pizza. Les plats nous sont apportés avec du pain et une délicieuse préparation de tomates, oignons, coriandre, piment hachés.

Après-midi calme et tristounette : je fais la « gueule » ! Thomas pense qu’en vivant 24h/24 ensemble, c’est « normal » qu’il y ait parfois des tensions entre nous… Mouais… et puis, dit-il on s’est toujours « pris la tête »… Mouais… Donc c’est normal… Mouais !… On se re-re-redit qu’on va essayer de faire des efforts.

Ce soir, nous dînons dans la cour de l’auberge. Clément s’est fait une petite amie qui se prénomme Vénus. Vénus a 4 ans, elle m’explique que ses baskets viennent d’un autre pays.

- « Maman, c’était où déjà? »

- « L’Australie ! ».

Avec ses parents et ses deux grandes sœurs de 12 ans, elle fait un tour du monde. On discute un peu avec la maman qui nous explique qu’ils sont partis pour un an. Elle est photographe indépendante (elle travaille entre autre pour le magasine Kaizen, heureux hasard !) et Aladin, son compagnon, projectionniste.

Clément a des difficultés à se séparer de sa nouvelle copine pour aller se coucher. On se lève tôt demain, on insiste en lui promettant qu’il la reverra. Il rentre finalement dans la chambre avec des petits présents de Vénus : 3 carrés découpés dans une feuille de mousse. Il ne quitte plus ses « ca’és rose et vert ».

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Le 11 avril

Ce matin, vers 7h30, le minibus vient nous chercher. Clément que l’on a réveillé un peu avant 7 heures, émerge tranquillement nous offrant de magnifiques sourires. Mais son air angélique disparaît bien vite, il est fatigué et devient presque insupportable…

Carolina est notre guide. Elle donne les infos en espagnol et s’adresse tout particulièrement à Thomas et moi en anglais. On comprend parfois mieux l’espagnol que l’anglais finalement. De nombreux mots sont similaires au français.

Le jour se lève doucement. Couleurs superbes. Nous roulons au milieu du désert, à côté de nombreux volcans au sommet enneigé. C’est vraiment beau.

Le minibus marque un premier arrêt au niveau d’une oasis. Des ânes sauvages sont tout proches. Sous un abri de bois et de paille, un petit déjeuner nous est offert.

Nous poursuivons la route jusqu’au lagon de Chaxas, au milieu du Salar de Atacama : un champ de sel de 8 000 km2. Il est habité par des flamands roses. Superbes.

Dans l’espace d’infos, un aquarium permet d’observer les micro-crevettes qui constituent l’aliment de base des flamands roses. Plus l’oiseau est rose, plus il attire la femelle ce qui fait qu’il passe environ 14 heures par jour à avaler les minuscules crevettes et à filtrer le sel.

Nous serions bien restés plus longtemps devant les superbes oiseaux, assistant à leur vol au raz de l’eau mais « tour organisé » oblige… il faut partir.

L’étape suivante est une brève pause dans un village andin. Interdiction formelle de prendre les villageois en photos, ils pensent qu’en les photographiant, on emporte une partie de leur âme. Nous apprenons que dans le Nord du Chili, les églises sont séparées du clocher. Nous voyons les cultures de quinoa, de fèves, de maïs. Une dame trie des graines de quinoa. Nous pouvons lui en acheter.

Carolina nous fait goûter une herbe sauvage. Les locaux la cuisine en salade. Les petites feuilles blanchâtres sont extrêmement salées. Clément se régale !

Le minibus nous accompagne ensuite vers les lacs de l’Altiplano, proches d’un volcan. Clément supporte très bien l’altitude… nous moins. Carolina joue à le faire sauter, ils s’amusent beaucoup ensemble.

Un des lacs gèle, l’autre non. L’un contient du sel, l’autre non.

Le paysage est magnifique : le lac très bleu, les lamas, la végétation jaune…

Au retour, nous croisons quatre autruches grises. En passant dans le village andin, nous récupérons nos provisions de quinoa et fèves. Ces dernières sont avalées très vite. Je n’ai jamais mangé d’aussi bonnes fèves : énormes, tendres, sucrées et fraîches.

Il est quinze heures lorsque nous arrivons dans notre chambre. L’heure du goûter pour Clément et un en-cas pour Thomas et moi car les fèves ne nous ont pas suffi. Nous allons donc chez Carmen. Jus de mangues frais, empanadas tomates-fromage-basilique, tarte aux pommes pour Clément et alfajores maison pour Thomas. C’est bon et pas très cher.

En fin de journée, Clément s’amuse avec Vénus. Ils découpent du papier, collent des gommettes et dessinent. Thomas notre chasseur-cueilleur part nous chercher quelques victuailles pour le diner.

Plus tard, Clément joue avec une balle rebondissante. Il est tellement amusé qu’il pousse des cris aigus sans cesse. On essaie de le faire taire et Marie (la gérante) intervient pour nous dire qu’il ne dérange personne puisqu’à cette heure, la pension est vide. Et elle vient s’amuser avec Clément.

Au menu de ce soir : taboulé de quinoa (acheté ce matin) à la coriandre. Hum ! Clément préfère finir le petit pot qu’il n’avait pas fini ce midi…

Vers 22h, Thomas a un petit creux. Le restaurant de Carmen est tout proche. Il file s’acheter quelques spécialités à la Dulce de Leche !

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Le 12 avril

Ce matin, ambiance sympa à la Rose d’Atacama. Clément avale son lait dans la cour en regardant les oiseaux dans l’arbre au-dessus de notre tête. Puis je déjeune avec Thomas. Nous sommes accompagnés par la guitare et la voix apaisante d’Aladin. On discute entre français (il n’y a que des français et une jeune allemande professeur de français !). J’échange avec un gars qui s’est installé avec son amie à Santiago.

Thomas regarde les films d’Aladin. Il possède un drone sur lequel il fixe une caméra. Ça intéresse beaucoup Thomas. Pour finaliser le montage, Aladin compose parfois lui-même la musique. C’est super sympa. Nous qui voulions faire de petits montages avec nos photos et films, on a du boulot !!!

À midi, nous déjeunons encore chez Carmen et après la sieste de Clément, nous partons pour un autre tour organisé. C’est le moyen le moins cher pour visiter les environs… Ça a ses inconvénients : à chaque fois que Clément s’amuse, il faut partir.

Le Laguna Cejar.

Au milieu de salins superbes, des piscines naturelles, paysage aride à perte de vue.

Bon, toutes les agences effectuent le même tour, au même moment, du coup, lorsqu’on arrive, on se croirait un peu sur la côte d’Azur en plein mois d’août…

Nous nous baignons. On flotte dans cette eau salée, c’est amusant.

Nous devons être de retour au minibus vers 18h. On traine un peu. Tout le monde a quitté le site pour rejoindre les douches. Ça devient tout de suite beaucoup plus joli.

L’étape suivante : les deux yeux du désert, Los Ojos del Salar. Deux bassins naturellement ronds, très profonds, contenant de l’eau douce. Parfait pour « jumper »

Nous finissons par rejoindre le Laguna Tebinquiche toujours dans le Salar. Le petit lac n’est vraiment pas profond (pas plus de 5 cm). Au loin les sommets volcaniques, la lune et en face, le soleil couchant donnant des couleurs rosées au paysage. Instant magique.

Tous les minibus et 4×4 offrent un apéro à leurs passagers-touristes. Nous sirotons un pisco sour en regardant le spectacle du crépuscule au milieu des salins et en discutant avec un couple d’espagnols sympa.

Ce soir, Ouahiba a répondu au mail que je lui ai adressé ce matin : je vais travailler dans son cabinet en libéral. Soulagement, je vais enfin profiter de notre dernier mois de voyage plus sereinement… J’espère…

Je rejoins Thomas qui discute dans la cour, autour d’une bière avec Aurélien, le gérant de la pension et deux couples de français. L’un vit à Santiago, elle est enceinte, et l’autre couple vit à Tours. Ceux qui vivent au Chili nous en disent plus sur le pays.

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Le 13 avril

Cette nuit, Valparaiso a été dévasté par un terrible incendie. A cette heure-ci, 500 habitations ont pris feu… Jéromine n’a pas le temps de me montrer ses photos comme je lui ai demandé. Elle est occupée à contacter en urgence quelques magasines pour leur envoyer les clichés pris lors de leur séjour dans la ville.

Je me rends à l’agence pour réserver la sortie de cet après-midi. L’employée regarde les infos pendant que je remplis le formulaire. Je l’interroge « Valparaiso ? ». Elle a les larmes aux yeux et m’explique que lors d’un tremblement de terre, les gens retrouvent certaines de leurs affaires tandis que là, ils ont tout perdu. Sans compter les 15 morts…

De leur côté, Clément et Vénus se transforment en artistes peintres. Étonnamment le rond de peinture rose est très creusé… Clément passe son temps à y tremper son pinceau avant de le mettre dans l’eau !

L’appareil photo est rempli de poussières. Les photos de ces deux derniers jours sont tachées. Thomas va réaliser la délicate opération à cœur ouvert de l’appareil… Nous retenons notre souffle quelques instants… L’intervention est un vrai succès. Grand soulagement, notre chirurgien du jour a réussi à re-imbriquer chaque petite pièce de l‘appareil sans rien omettre et ça re-fonctionne !

Après une courte sieste, nous retrouvons le couple d’espagnols rencontrés la veille dans le minibus en partance pour la Valle de la Luna. L’endroit est très réputé.

Le guide est sympa. Il vient nous traduire les explications en français et met un peu de musique française dans la voiture.

Nous nous arrêtons faire quelques photos au niveau de points de vue ou d’endroits spéciaux comme les formations rocheuses étonnantes appelées les Tres Marias.

Nous arrivons finalement à la vallée de la lune.

Clément est euphorique ! Je ne l’ai jamais vu autant s’amuser ! Il bondit de rocher en rocher, il grimpe sur les dunes, se met à quatre pattes dans le sable, y enfonce ses avant-bras, y fait des dessins… C’est difficile de le faire remonter dans le véhicule…

Celui-ci nous conduit sur un petit chemin grimpant jusqu’à la dune principale où les touristes pourront admirer le coucher de soleil au milieu du désert. La lune est presque ronde. C’est magnifique.

Ce soir encore, nous discutons dans la cour avec Adrien, un globe-trotteur avignonnais qui revient du Costa Rica et nous recommande quelques adresses. Nous lui donnons des conseils sur la Patagonie.

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Le 14 avril

En fin de matinée, nous partons à pied jusqu’à la Vallée de la Mort.

Il fait chaud. Notre peau, nos lèvres sont très sèches.

Il faut d’abord longer la route. Une chilienne s’arrête et propose de nous déposer avec sa voiture quelque part, mais nous déclinons.

Nous traversons des zones tellement arides que des fissures très profondes se sont formées au sol.

La vallée de la mort, ses formations argileuses extraordinaires. Clément ne se lasse pas de jouer dans le sable et de sauter partout au milieu du canyon.

Au bout du chemin, d’immenses dunes. Les gens viennent ici pour pratiquer du sand-board.

Au retour, nous traversons un petit village dans une oasis. Les maisons en abode, les cultures de maïs…

Clément retrouve sa copine Vénus. A un moment, il écrase un « cuncunelle » : coccinelle.

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Le 15 avril

Thomas se lève vers 4h pour partir à la découverte des geysers d’El Tatio : environ 80 geysers actifs. C’est le plus grand site de geysers de l’hémisphère sud. Nous n’y allons pas avec Clément. Il fait trop froid et l’excursion commence bien trop tôt pour lui.

J’accompagne Vénus et Clément aux jeux pour enfants. Ils ne sont pas tout proche, il faut marcher un long moment pour y parvenir. Dans la rue, Clément avance une main dans celle de Vénus, l’autre dans sa poche ! Ils sont trop mignons !

Les deux schtroumpfs s’amusent un long moment. Vénus chante de longues chansons, Clément vient l’enlacer…

Après un déjeuner sympa et super abordable dans la « cantine » qui jouxte notre logement. La cour est agréable avec quelques hamacs.

Après-midi tranquille. Clément dort. Nous organisons notre séjour au Costa Rica.

En fin de journée, Clément s’amuse avec Venus. Thomas et moi nous éclipsons un instant pour faire quelques courses. Nous commençons par rendre visite à un céramiste. Il conçoit entre autres des instruments de musique de l’époque pré colombienne. L’homme joue des différents instruments. Nous avons envie de tout acheter ! On craque pour les plus petits objets… Ça fait du poids et c’est fragile mais tant pis…

Ensuite, je trouve une petite paire de boucles d’oreilles en cuivre (j’ai décidé de me rapporter une paire de boucles par pays).

Nous allons dans la meilleure sandwicheria du coin. Le serveur est barbu, cheveux longs, tatouages partout, ses sandwichs sont excellents.

En soirée, nous échangeons un long moment avec Manue et Christophe partis pour 11 mois autour du monde. Ils sont originaires de Marseille et vivent à Grenoble.

Pendant ce temps, Clément s’est installé chez « les voisins » pour regarder Peter Pan avec Vénus. Le dessin animé n’est pas très adapté à son âge… Aladin nous ramène Clément fatigué et pas très rassuré. Les crocodiles, le capitaine crochet…

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Le 16 avril

Au réveil, Clément se prend pour Peter Pan. Il saute dans le lit en criant le nom de son héros.

Pour la première fois depuis le début du voyage, je n’ai pas l’impression en « traînant » ici que nous perdons notre temps.

Je fais un petit tour dans la ville à la recherche de quelques victuailles pour midi. Nous ne nous lassons pas de manger des avocats. On les écrase avec les ingrédients qui nous tombent sous le coude et on les étale sur des tartines. Clément ne veut pas manger son quinoa aux carottes. Il a trouvé quelques céréales sur la table et ne veut manger que des « paquics » (chocapic) ! S’ensuivent pleurs et hurlements puis il finit par s’endormir… Sauf que nous devons partir dans 10 minutes aux thermes Puritama…

Nous nous y rendons en groupe, avec un minibus. Les thermes se situent dans un canyon, le lit de la rivière donne naissance à une végétation luxuriante qui contraste avec les parois sèches et abruptes du paysage rocheux. Les huit bassins sont reliés par des mini cascades. L’eau est douce et chaude, c’est idéal pour les enfants… Et les plus âgés ! Clément s’amuse beaucoup, n’hésitant pas à mettre la tête dans l’eau. Il est juste un peu effrayé par quelques algues qu’il croit être des crocodiles.

Aujourd’hui le soleil est cuisant comme tous les jours mais l’air est frais. Alors on court entre deux bains pour ne pas trop se refroidir.

Le petit schtroumpf accepte volontier d’avaler son repas de midi sur le trajet du retour. Épuisé, il finit par s’endormir au bout de la troisième cuillère !

Dans la cour de l’hôtel, nous retrouvons Manue, Christophe et Aladin qui nous offrent bière et du pain aux olives tartiné à l’avocat. (Dans la ville, un boulanger de 26 ans s’est installé et il régale tout le monde de son pain et de ses viennoiseries). Nous racontons nos journées. Puis Aladin parle de son drone, l’occasion de nous montrer quelques-uns de ses films.

Plus tard, les grenoblois se rendent dans un bar déguster un Pisco Sour avec leurs compagnons de dortoirs. Il s’agit de deux français, un gars et une fille rencontrés sur le blog du Routard et qui visitent ensemble l’Amérique latine pendant 6 mois.

Clément retourne « chez les voisins » regarder Peter Pan mais il impose la présence de Thomas ou la mienne. On finit par lui montrer un dessin animé plus « adapté » sur notre ordinateur.

Jéromine vient offrir à Clément un cadeau de la part de Vénus. C’est un petit tableau. Elle vient juste de s’endormir après avoir pleuré en réalisant qu’elle n’allait plus pouvoir jouer avec son copain. Demain, la famille part pour la Bolivie qu’elle va commencer par découvrir au cours d’un trek de 3 jours en 4×4. Nous nous repartirons pour Santiago.

Nous finissons la soirée dans le bureau de Marie. Pendant qu’elle nous raconte des projets futurs, Aladin offre quelques verres de rhum nicaraguayen à Thomas.

17 avril 2014 : Santiago

Notes d'Audrey

Le 17 avril

Encore quelques adieux avant de prendre l’avion. Nous promettons à Marie de lui raconter le Costa Rica, et à Manue et Christophe de nous revoir.

Retour à Santiago.

Thomas s’adresse à un jeune homme qui se présente comme taxi officiel pour nous emmener à notre chambre. Sauf que ce dernier nous dirige jusqu’à un véhicule vieillot, sans ceintures. Le chauffeur est vraiment crasseux, ne nous adresse pas la parole. Je ne suis pas rassurée du tout. Thomas me rassure : il roule très bien par rapport au flux de voitures. Clément pleure, bouge… Je ne voudrais pas que ça déconcentre le chauffeur…

Cette fois-ci, on loge dans un autre appart-hôtel. Le quartier est plus « familial », populaire. La fois précédente c’était plutôt étudiant ou résidentiel.

Notre studio est situé dans un immeuble surveillé par des agents. On voit les allers et venues des habitants, leur vie quotidienne.

Nous sortons faire quelques courses, nous arrêtant de squares en squares pour faire jouer Clément. Cela nous même jusqu’à un château gonflable avec un trampoline à côté. C’est génial : Clément peut sauter comme un lapin dans tous les sens ! Avec en prime de la musique pour camoufler le bruit du moteur.

Nous sommes le week-end pascal, les gens se retrouvent dans les parcs, les églises… L’ambiance du quartier est vraiment plaisante.

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Le 18 avril

Une loooonnngue journée nous attend : nous prenons l’avion ce soir vers 00h et devons libérer la chambre à 13h… On commence par se promener un peu, Clément s’endort. Nous en profitons pour visiter le musée d’art précolombien. Il est situé dans l’ancien édifice de la Douane et a été « re-stylisé » de façon très moderne. Le premier niveau est assez obscur et aménagé de sorte que les pièces sont particulièrement bien mises en valeur. Les textiles, sculptures, bijoux etc sont travaillés avec finesse, de belles couleurs…

Un étage est consacré aux objets chiliens et le second aux autres civilisations d’Amérique du Sud.

Enfin, au rez de chaussée, un espace ludique est consacré aux enfants. Et c’est à ce moment précis que Clément se réveille !

Une famille française avec quatre enfants est également de la partie. Il y a un écran interactif sur lequel tu peux apprendre des danses indiennes.

On continue de se promener dans la ville. Lorsqu’on veut s’installer en terrasse pour boire un rafraîchissement, le serveur nous explique qu’on ne peut pas y prendre place avec Clément ! Oui oui, parce que c’est un espace fumeur !!!!…

Alors on part directement vers le château gonflable. Clément se défoule, si ça pouvait lui permettre de bien dormir cette nuit dans l’avion…

On dine sur un banc, le long des jardins de la ville. Thomas nous a préparé une tarte à la tomate délicieuse.

Vers 20h, nous rejoignons le hall de l’immeuble et un taxi vient nous chercher pour nous emmener à l’aéroport : direction San Jose Costa Rica via Miami !

Nous avons adoré le Chili que ce soit la capitale et San Pedro d’Atacama et la Patagonie, sur tous points de vue… Sauf les terrasses fumeurs interdites aux enfants !!! Rien que ça !!!!

Il nous reste encore plein d’endroits à découvrir… À programmer lors d’un prochain voyage !!! Et pourquoi pas !

 

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